Actualités - Fibroses pulmonaires

Apnée du Sommeil et Fibroses pulmonaires : des risques communs
Apnée du Sommeil et Fibroses pulmonaires : des risques communs

Un train peut en cacher un autre. C’est parfois le cas pour ces deux pathologies respiratoires dont on commence à cerner les causes communes.

L’apnée du sommeil concerne environ 4 % de la population français. La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) affecte un nombre moindre de nos concitoyens, estimé à 24 000 personnes. La première pathologie déstructure l’architecture du sommeil et ne donne pas un sommeil réparateur. Elle a des conséquences à long terme sur l’organisme, surtout si elle n’est pas traitée. L’apnée du sommeil peut ainsi entraîner une augmentation du risque cardio-vasculaire (hypertension artérielle, infarctus, AVC, troubles du rythme cardiaque, hypertension pulmonaire…). « Il existe également d’autres « associations morbides » à cette maladie qui affecte notre sommeil », souligne le Dr Thomas Gille, pneumologue au service explorations fonctionnelles à Avicenne (Paris), récemment invité par l’Association Fibroses Pulmonaires France (AFPF) à intervenir sur les deux maladies. « La fibrose pulmonaire est un facteur de risque d’avoir un syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) et le fait d’avoir un SAOS peut augmenter le risque d’avoir une fibrose pulmonaire », note ainsi le médecin.

Facteurs communs

Il existe ainsi des similarités entre FPI et apnée du sommeil. Dans le domaine des pneumopathies interstitielles diffuses - dont les plus fréquentes sont la FPI, la pneumopathie infiltrante diffuse (PID), les maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) ou encore la sarcoïdose -, on observe une somnolence diurne excessive, une fatigue et des maux de tête matinaux, un taux de saturation en oxygène inférieur à celui des sujets sains, voire une désaturation en oxygène (chute de l’oxygène dans le sang) pendant le sommeil.
Les facteurs prédisposants aux deux maladies sont les sexe masculin, l’âge (plutôt avancé, même si les deux se retrouvent aussi dans des populations plus jeunes), le tabac, l’obésité, le diabète ou encore la coronaropathie (artères coronaires du cœur se rétrécissent ou sont obstruées).
Différentes études menées en France et aux Etats-Unis démontrent ainsi une fréquence du SAOS dans 56 à 68 % des FPI. « Les deux-tiers des patients FPI semblent avoir une apnée du sommeil associée », ajoute le Dr Gille. Des mécanismes sont ainsi suspectés d’une maladie vers l’autre : « Les forces de traction pourraient favoriser la fermeture des voies aériennes supérieures et la fibrose augmenterait « l’instabilité du contrôle ventilatoire ». Avec cependant un bémol : « Il n’y a pas toujours de corrélation entre la sévérité de la fibrose pulmonaire (diminution des volumes pulmonaires) et la présence ou la sévérité d’un SAOS »

En conclusion 


« Ceux qui ont une FPI ont fréquemment une apnée du sommeil et il faut proposer une recherche d’apnée du sommeil chez ceux qui souffrent de FPI ». Dernier point : « Il reste à préciser les indications et bénéfices potentiels du recours à la pression positive continue (PPC) dans le SAOS associé à la FPI ». Soit autant de thèmes de recherche pour le proche avenir.

J-J Cristofari

Repères :
L'apnée obstructive du sommeil (AOS) affecte désormais près d'un milliard d'adultes dans le monde. Aux Etats-Unis, selon une récente publication du Lancet Respiratory Medecine, l’AOS devrait toucher 77 millions d’adultes américains d’ici 2050, soit une augmentation relative de près de 35 % par rapport à 2020, touchant 46 % des adultes âgés de 30 à 69 ans. En France, on estime qu'environ 1,7 million de personnes souffrent d'apnée du sommeil. Sur ce nombre, plus d'un million sont équipées d'une machine à pression positive continue (PPC), traitement de référence des apnées du sommeil.

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